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Une nouvelle étude scientifique alerte sur le réchauffement des océans...

Une vingtaine de chercheurs internationaux regroupés sous le nom "Oceans Initiative 2015" ont publié le 3 juillet une étude, dans la revue Science, qui évalue et compare, pour deux scénarios contrastés d'émission de CO2, les risques d'impacts sur les écosystèmes marins et côtiers et les services éco-systémiques rendus par les océans d'ici à 2100.

L'Initiative Océans 2015 est coordonnée par les chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l'Institut du Développement durable et des relations internationales (Iddri) et de l'université Pierre-et-Marie-Curie.

"Les mers et océans n'ont pas été jusque-là considérés à leur juste valeur dans les négociations climatiques. Notre étude avance des arguments incontestables pour que cela change dès la COP21", a indiqué Jean Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS, auteur de l'étude.

Les représentants de 196 Etats vont se retrouver à la Conférence Paris Climat (COP21) en décembre avec pour objectif de parvenir à un accord pour limiter à 2 degrés le changement climatique d'ici la fin du siècle.

Les chercheurs montrent que même le scénario à faibles émissions, qui correspond à l'objectif de 2°C en 2100, comporte "des risques de dommages majeurs, notamment sur les coraux tropicaux et les bivalves des latitudes moyennes". Le risque d'impacts sur d'autres organismes et écosystèmes "restera modéré dans le cas d'un tel scénario".

Depuis le début des années 1970, l'océan a absorbé "plus de 90% de l'excès de chaleur liée à l'augmentation de l'effet de serre, limitant ainsi la température de l'air mais réchauffant l'eau et augmentant le niveau de la mer", soulignent les chercheurs. L'océan a également absorbé "plus du quart des émissions de CO2 d'origine anthropique depuis 1750", ce qui acidifie l'eau de mer.

Selon l'étude, la température de surface des océans pourrait augmenter de 0,7 (scénario à -2°C : atténuation élevée) à 2,7°C (scénario aux émissions de CO2 élevées), et le pH diminuer de -0,07 à -0,33 unités en 2100 par rapport à 2000. Dans un scénario aux émissions élevées, 69% de la surface des océans "dépasseraient +1,5 °C et -0,2 unités pH en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle" (1870-1899). "Cette proportion tombe à moins de 1%", dans un scénario limitant la hausse de température à 2°C.

"De nombreuses régions auront à faire face à des risques élevés bien avant 2100, même dans le cas d'une trajectoire d'émission bas carbone", préviennent les chercheurs.

"Des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont donc plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles des écosystèmes marins et les services qu'ils nous fournissent. Un accord global sur le climat qui ne minimiserait pas les impacts sur l'océan serait incomplet et inadéquat", ont-ils averti.

Rachida Boughriet

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