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La montée des océans revue à la hausse...

Conséquence direct du réchauffement climatique, le niveau de la mer s’élève inexorablement. Et probablement bien plus vite qu’on ne le pensait, révèle une étude américaine publiée mercredi 14 janvier dans Nature.

D’après les relevés des marégraphes, le niveau de la mer se serait élevé de 1,5 à 1,9 millimètre par an au cours du XXème siècle. Cependant, ces chiffres sont sujets à caution. Primo, en raison de la disparité de ces instruments de mesure: surreprésentés dans l’hémisphère nord, les marégraphes sont –inégalement- positionnés le long des côtes, et ignorent donc ce qui se passe en haute mer.

Deuxio, ces instruments sont soumis à une forte variabilité interannuelle, du fait des courants océaniques ou des vents. Tertio, les résultats obtenus jusqu’alors ne collaient pas vraiment avec ce que l’on sait du réchauffement au cours du XXème siècle. Une telle montée des mers demeurait en grande partie inexpliquée.

Recourant à de nouvelles méthodes statistiques, en dépoussiérant les variabilités interannuelles et en tenant compte de la fonte des calottes polaires, Carlin Hay, de l’université de Harvard (Boston, Massachusetts), et ses collègues ont revu l’ensemble des relevés de marégraphes, aboutissant à des résultats bien différents.

Une accélération très sous-estimée

Selon les chercheurs américains, les océans se seraient moins élevés au cours du XXème siècle qu’on ne le pensait: de 1901 à 1990, leur hausse n’aurait été que de 1,2 mm par an, soit plus de 30% inférieure aux précédentes estimations.

Ce qui n’est pas pour autant rassurant, au contraire. Car les chercheurs révèlent que le niveau des mers s’est bien élevé d’environ 3 mm par an depuis 1990, comme de précédentes études l’avaient déjà montré.
Corollaire: depuis 25 ans, la montée des eaux s’est donc accélérée bien plus vite qu’on ne le pensait jusqu’alors. Ce qui ne présage rien de bon pour l’avenir : selon les chercheurs, «cette correction pourrait nous conduire à revoir certaines de nos projections quant à l’élévation du niveau de la mer».

Romain Loury

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